Burn-out ou harcèlement moral au travail : comment faire la différence et agir
Vous êtes en burn-out, mais est-ce vraiment un simple épuisement professionnel ? Découvrez comment distinguer le burn-out d'un harcèlement moral masqué, pourquoi le diagnostic correct change tout, et comment agir selon votre situation.
Burn-out et harcèlement moral : deux réalités souvent confondues
Le burn-out « classique » résulte d'une surcharge de travail systémique : trop de projets, pas assez de ressources, culture du présentéisme. Il touche souvent plusieurs personnes dans la même équipe ou le même service. C'est une question d'organisation
Le harcèlement moral résulte d'une dégradation ciblée et intentionnelle de vos conditions de travail : une personne identifiable (manager, collègue) adopte des comportements répétés qui visent spécifiquement vous. C'est une question de relation
Un burn-out peut masquer un harcèlement : quand le médecin diagnostique un épuisement professionnel sans explorer le contexte relationnel, le harcèlement reste invisible. La victime se repose, revient, et retombe malade — parce que la cause n'a pas été traitée
On peut vivre les deux simultanément : un manager harceleur peut orchestrer une surcharge intentionnelle pour provoquer votre épuisement. Le burn-out est alors un symptôme du harcèlement, pas une pathologie indépendante
La distinction juridique est majeure : un burn-out est traité comme un problème de santé individuel. Un harcèlement engage la responsabilité de l'employeur et ouvre des droits spécifiques (protection contre le licenciement, obligation de faire cesser les agissements, réparation du préjudice)
Vous reconnaissez ces signaux ? Notre questionnaire confidentiel et gratuit vous aide à évaluer objectivement votre situation en quelques minutes. Pour comprendre le harcèlement moral au travail dans sa globalité, consultez notre page dédiée.

Les signes que votre burn-out cache un harcèlement
Votre souffrance vous cible spécifiquement : vos collègues du même service ne présentent pas les mêmes symptômes. Si le problème était la charge de travail, d'autres seraient également touchés
La surcharge est orchestrée : on vous attribue des objectifs volontairement impossibles, des délais irréalistes, puis on vous reproche l'échec. Les autres ne subissent pas le même traitement
Vos compétences n'ont jamais été remises en question avant : vous aviez un parcours stable, des évaluations positives, la confiance de votre hiérarchie. La dégradation coïncide avec l'arrivée d'une personne spécifique ou un changement de management
Vos symptômes sont datables : vous pouvez identifier le moment précis où vous avez commencé à aller mal. Un burn-out « pur » s'installe généralement de façon plus progressive
D'autres sont partis dans les mêmes conditions : si plusieurs personnes ont quitté l'équipe pour des raisons similaires (burn-out, démission, arrêt maladie), c'est un indicateur fort que le problème est systémique et lié au management
Votre repos ne suffit pas à vous rétablir : après un arrêt maladie, l'idée de reprendre votre poste provoque une rechute immédiate. Ce n'est pas un manque de repos — c'est la perspective de retourner dans un environnement toxique qui vous rend malade
Pourquoi obtenir le bon diagnostic change tout
Parcours médical différent : un burn-out se traite par le repos et l'apprentissage de la gestion du stress. Un harcèlement nécessite un accompagnement spécifique (psychologue spécialisé en souffrance au travail) et une prise en compte du trauma relationnel. Traiter un harcèlement comme un burn-out, c'est soigner les symptômes sans toucher la cause
Protection juridique différente : en cas de harcèlement avéré, vous bénéficiez de protections spécifiques — l'employeur a l'obligation légale de faire cesser les agissements (article L1152-4). En cas de « simple » burn-out, cette obligation n'est pas aussi directement engagée
Reconnaissance en maladie professionnelle : un burn-out causé par un harcèlement peut être reconnu comme maladie professionnelle (tableau complémentaire de maladies professionnelles), ce qui ouvre des droits supplémentaires (indemnités, prise en charge à 100%, protection contre le licenciement pendant l'arrêt)
Impact sur le retour au travail : après un burn-out « simple », on peut aménager le poste et reprendre progressivement. Après un harcèlement, revenir au même poste avec le même harceleur est contre-indiqué. Le médecin du travail peut recommander un changement de service ou déclarer une <a href="/signaux-faibles/arret-maladie">inaptitude</a> si nécessaire
Recours juridiques : le harcèlement moral ouvre des voies de recours que le burn-out seul ne permet pas — prud'hommes, plainte pénale, médiation. Consultez notre guide sur les <a href="/signaux-faibles/preuves-recours">preuves et recours juridiques</a>
Que faire si vous soupçonnez un harcèlement derrière votre épuisement
Parlez du CONTEXTE à votre médecin, pas seulement des symptômes : ne dites pas seulement « je suis épuisé(e) et je ne dors plus ». Décrivez ce qui se passe au travail : les comportements de votre manager, les incidents, l'isolement. Votre médecin ne peut diagnostiquer correctement que s'il comprend la cause
Demandez une consultation avec le médecin du travail : il a accès à votre environnement professionnel et peut constater la situation sur le terrain. Il peut alerter l'employeur, proposer un aménagement, ou déclencher une enquête. Son rôle est de protéger votre santé au travail
Commencez à documenter, même pendant votre arrêt : notez tout ce que vous pouvez vous rappeler — les incidents, les dates, les témoins. Consultez votre boîte email professionnelle si vous y avez accès. Plus le journal est complet, plus votre dossier sera solide
Évaluez votre situation avec notre <a href="/questionnaire">questionnaire confidentiel</a> : il vous aide à structurer votre réflexion et à identifier si ce que vous vivez correspond à du harcèlement moral au sens de la loi
Ne restez pas isolé(e) : parlez à un proche de confiance, contactez un avocat spécialisé en droit du travail pour un premier avis, ou appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit et anonyme 24h/24) si vous traversez une détresse psychologique
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Comment savoir si c'est un burn-out ou du harcèlement moral ?
Comment savoir si c'est un burn-out ou du harcèlement moral ?
- Burn-out : surcharge de travail systémique touchant potentiellement plusieurs personnes. La cause est organisationnelle (pas assez de ressources, trop de projets)
- Harcèlement : dégradation ciblée de vos conditions de travail par une personne identifiable, avec des comportements répétés
- Vos collègues vivent-ils la même chose ? (Si non → probable harcèlement)
- La situation a-t-elle commencé avec l'arrivée d'une personne précise ? (Si oui → probable harcèlement)
- Les difficultés vous ciblent-elles spécifiquement ? (Si oui → probable harcèlement)
Je pleure avant d'aller au travail, est-ce normal ?
Je pleure avant d'aller au travail, est-ce normal ?
Ce que cela peut signifier :
- Un épuisement professionnel (burn-out) lié à une surcharge
- Un harcèlement moral qui dégrade vos conditions de travail et votre santé
- Un environnement de travail toxique qui affecte votre bien-être
- Consultez votre médecin traitant : décrivez la situation professionnelle, pas seulement les symptômes
- Évaluez votre situation : notre questionnaire confidentiel vous aide à y voir plus clair
- Appelez le 3114 si vous êtes en détresse (gratuit, anonyme, 24h/24)
Mon médecin dit que c'est un burn-out, mais je pense que c'est du harcèlement : que faire ?
Mon médecin dit que c'est un burn-out, mais je pense que c'est du harcèlement : que faire ?
- Décrivez le contexte relationnel : ne parlez pas seulement de fatigue et d'anxiété. Expliquez ce que fait votre manager ou votre collègue — les comportements précis, leur répétition, leur impact
- Demandez un certificat médical circonstancié : qui mentionne le lien entre vos symptômes et vos « conditions de travail dégradées » (pas juste « burn-out »)
- Consultez le médecin du travail : il connaît l'environnement professionnel et peut compléter le regard de votre médecin traitant
- Consultez un psychologue spécialisé en souffrance au travail : il a l'expertise pour différencier burn-out et harcèlement
Le burn-out lié au harcèlement est-il reconnu comme maladie professionnelle ?
Le burn-out lié au harcèlement est-il reconnu comme maladie professionnelle ?
- Condition : une incapacité permanente partielle (IPP) d'au moins 25 %
- Le lien direct entre la maladie et le travail doit être établi par un dossier médical solide
- En cas de harcèlement avéré, le lien de causalité est plus facile à établir car la cause est identifiable (les agissements d'une personne spécifique)
- Prise en charge à 100 % des soins liés
- Indemnités journalières majorées pendant l'arrêt
- Protection renforcée contre le licenciement
- Possibilité de demander une faute inexcusable de l'employeur
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