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Mise au placard au travail et poussé à la démission : vos droits et comment réagir

Mise au placard, pression pour démissionner, tâches hors de votre poste : découvrez vos droits et les stratégies pour vous défendre face à un employeur ou manager qui veut vous pousser vers la sortie.

Qu'est-ce que la mise au placard au travail ?

La mise au placard désigne une stratégie de marginalisation progressive d'un salarié : on ne le licencie pas directement, mais on rend son quotidien tellement insupportable qu'il finit par partir de lui-même. Ce comportement relève souvent d'un profil de harceleur manipulateur. C'est une forme insidieuse de harcèlement moral car elle est souvent difficile à prouver.
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Retrait progressif de vos missions, projets et responsabilités sans justification

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Attribution de tâches très en dessous de vos compétences ou sans rapport avec votre poste

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Isolation physique : bureau isolé, changement de lieu sans raison, retrait de votre badge d'accès

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Exclusion des réunions, des formations, des événements de l'entreprise

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Absence de feedback, d'objectifs, de perspectives d'évolution

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Votre poste existe toujours mais on le vide progressivement de sa substance

Vous reconnaissez ces signaux ? Notre questionnaire confidentiel et gratuit vous aide à évaluer objectivement votre situation en quelques minutes. Pour comprendre le harcèlement moral au travail dans sa globalité, consultez notre page dédiée.

Infographie mise au placard au travail : 7 signes caractéristiques et 5 alternatives à la démission

Mon employeur me pousse à la démission : comment réagir ?

La pression au départ est un motif fréquent de saisine des prud'hommes. Quand un employeur ou un manager veut vous pousser vers la sortie, il est essentiel de ne pas démissionner sous la pression.
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NE DÉMISSIONNEZ PAS sous la pression : la démission vous prive de vos droits (indemnités, allocations chômage). C'est précisément ce que l'employeur cherche

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Documentez chaque pression : emails, convocations injustifiées, propos menaçants, modifications de vos conditions de travail

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Si on vous attribue des tâches hors de votre poste : comparez votre fiche de poste avec vos missions actuelles et documentez l'écart

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Consultez les représentants du personnel (CSE) et le médecin du travail pour officialiser votre situation

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Si la situation est intenable, des voies de sortie protectrices existent (rupture conventionnelle, résiliation judiciaire, prise d'acte)

Quand votre manager ou patron critique tout le temps

Les critiques permanentes et non constructives de la part d'un supérieur hiérarchique peuvent constituer du harcèlement moral. La différence entre un management exigeant et le harcèlement managérial se situe dans l'objectif et la proportionnalité. Un manager exigeant critique le travail pour l'améliorer, un manager harceleur critique la personne pour la détruire. Si votre patron critique systématiquement tout ce que vous faites sans jamais reconnaître vos efforts, change les règles en permanence, ou vous attribue des objectifs impossibles pour justifier ses critiques, documentez cette chronologie. C'est un schéma classique de harcèlement managérial.

Négocier une rupture conventionnelle en cas de harcèlement

La rupture conventionnelle peut être une solution, mais elle doit être négociée avec précaution quand elle intervient dans un contexte de harcèlement.
1

La rupture conventionnelle doit être librement consentie : si elle est signée sous la contrainte du harcèlement, elle peut être annulée par les juges

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N'acceptez pas la première offre : vous avez un pouvoir de négociation si l'employeur veut éviter une procédure prud'homale

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Éléments négociables : montant de l'indemnité (minimum légal ou plus), maintien de la mutuelle, aide au reclassement, certificat de travail neutre

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Faites-vous accompagner : par un avocat, un représentant du personnel, ou un conseiller du salarié. C'est votre droit lors de l'entretien préalable

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Alternative : la résiliation judiciaire du contrat aux torts de l'employeur permet de rester en poste pendant la procédure tout en faisant reconnaître le harcèlement

FAQ

Questions fréquentes : mise au placard et départ forcé

Les réponses aux questions les plus recherchées sur le thème "mise au placard et départ forcé".

Que faire si mon employeur m'oblige à démissionner ?

Ne démissionnez surtout pas sous la pression. La démission vous prive de vos droits (indemnités de licenciement, allocations chômage). C'est exactement l'objectif de l'employeur.

Vos options :
  • Documentez les pressions : emails, convocations, propos menaçants, modification de vos conditions de travail
  • Alertez le CSE, le médecin du travail, l'inspection du travail
  • Négociez une rupture conventionnelle avec accompagnement juridique
  • Saisissez les prud'hommes en résiliation judiciaire (vous restez en poste pendant la procédure)
  • Prise d'acte de rupture si la situation est intenable (acte fort, consultez un avocat avant)

Comment savoir si je suis mis(e) au placard ?

La mise au placard se reconnaît par un appauvrissement progressif de votre poste :
  • Vos missions sont retirées progressivement sans explication
  • On vous attribue des tâches dévalorisantes ou sans rapport avec votre qualification
  • Vous êtes exclu(e) des réunions, formations, projets
  • Vous n'avez plus d'objectifs ni de perspectives d'évolution
  • Votre bureau est déplacé dans un endroit isolé
Si vous cochez plusieurs de ces signes, évaluez votre situation et commencez à documenter les changements (comparez votre fiche de poste avec vos missions actuelles).

Que faire si mon patron me demande de faire des tâches qui ne sont pas de mon ressort ?

L'attribution de tâches en dehors de votre fiche de poste peut être légale (clause de mobilité, évolution naturelle) ou abusive :
  • Tâches ponctuelles et raisonnables : l'employeur peut adapter vos missions dans le cadre de son pouvoir de direction
  • Tâches systématiquement dévalorisantes : si on vous attribue des tâches très en dessous de votre qualification, c'est un signe de mise au placard
  • Modification substantielle du contrat : un changement important de vos missions nécessite votre accord
Réagissez : comparez votre fiche de poste avec vos missions actuelles, documentez les changements, et signalez la situation par écrit à votre employeur et au CSE.

Comment négocier une rupture conventionnelle pour harcèlement ?

La rupture conventionnelle dans un contexte de harcèlement doit être négociée avec précaution :
  • Faites-vous accompagner par un avocat ou un représentant du personnel
  • Ne signez rien sous pression : vous avez un délai de rétractation de 15 jours
  • Négociez au-delà du minimum légal : l'employeur a intérêt à éviter les prud'hommes
  • Éléments négociables : indemnité majorée, maintien de la mutuelle, dispense de préavis, certificat de travail neutre
Si la rupture est signée sous la contrainte du harcèlement, elle peut être annulée par les juges et requalifiée en licenciement nul.

Besoin de clarifier votre situation ?

Répondez à notre questionnaire confidentiel pour obtenir des repères personnalisés et savoir comment agir.